Les Décrocheur·ses en appel à Paris, 22 octobre 2020 – photo Baptiste Soubra

Procès des Décrocheurs : témoignages toujours plus accablants contre l’inaction climatique

Paris, Strasbourg, le 22 octobre 2020 – Nouvel épisode dans la saga des Décrocheurs de portraits présidentiels : ce matin, deux nouveaux procès avaient lieu à Strasbourg et Paris. Les Décrocheurs ont une nouvelle fois expliqué aux magistrats l’urgence climatique qui les a poussés à agir ; tandis qu’Agnès Catoire, membre de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC), a témoigné que – contrairement aux engagements pris par Emmanuel Macron de les reprendre “sans filtre” – les mesures proposées par la CCC sont détricotées par le gouvernement.
Le Parquet réclame la confirmation des peines fermes de 500 euros à Paris, et des amendes de 300 euros avec sursis à Strasbourg. Verdict les 3 et 10 décembre, tout juste cinq ans après l’Accord de Paris sur le climat.

Procès Décrocheurs Strasbourg 22 octobre 2020

Procès des Décrocheur·ses de Strasbourg – 22 octobre 2020

L’épopée des Décrocheur·ses de portraits présidentiels se poursuit. Ce matin, deux nouveaux procès avaient lieu : celui de Christine et Charles à Strasbourg, ainsi que le procès en appel de Pauline, Cécile, Emma, Félix, Alma, Etienne et Marion à Paris. Les Décrocheur·ses ont évoqué les raisons pour lesquelles ils et elles ont mené ces actions de désobéissance civile. “Ce matin, nous portons le même message qu’en première instance : ce ne sont pas les citoyen·nes qui devraient se trouver sur les bancs des accusés, mais les élu·es qui ont le pouvoir de protéger la population face au péril climatique et qui ne le font pas. Aujourd’hui c’est Emmanuel Macron et son gouvernement qui, au-delà des belles promesses, ne mettent rien en œuvre pour enrayer réellement le dérèglement climatique.” rappelle Pauline Boyer, Décrocheuse de portraits en procès à Paris et porte-parole d’Action Non-Violente COP21.

Condamné·es en première instance, les 7 Décrocheur·ses de portrait à Paris ont fait appel. En amont de l’audience, les prévenu·es, leurs proches pour certains venus de loin, ainsi que leurs témoins et des journalistes se sont retrouvés nassés par les forces de l’ordre à l’angle de la Cour d’appel et empêchés de rejoindre l’audience. Le procès a finalement pu commencer avec du retard, en présence des témoins de moralité : Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue et ancien vice-président du GIEC, Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France et Agnès Catoire, membre de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Tirée au sort pour participer à la CCC, j’ai travaillé pendant 9 mois pour transmettre un rapport et 149 propositions en juin 2020, afin de remplir le mandat qui nous a été confié par le président de la République lui-même. Malheureusement, contrairement à ses engagements, les actes du gouvernement ne sont pas en accord avec la parole présidentielle. La confiance déjà très fragile que j’éprouvais à l’égard de l’exécutif ne fait que décroître. Je témoigne aujourd’hui du double discours du président de la République et de son gouvernement.” explique Agnès Catoire de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Procès des Décrocheur·ses en appel à Paris 22 octobre 2020

Les Décrocheur·ses en appel à Paris avec Jean-Pascal Van Ypersele du GIEC, 22 octobre 2020 – photo Iris

Délibérés cinq ans après l’Accord de Paris

À Paris, le ministère public requiert des peines d’amendes fermes de 500 euros, comme la condamnation en première instance. À Strasbourg, où 150 personnes se sont rassemblées devant le tribunal pour apporter leur soutien aux Décrocheurs, ce sont 300 euros d’amende avec sursis qui ont été requis par le procureur. « Les militants ont essayé en vain de se faire entendre par d’autres moyens, cette action faite sans dégradation relève de la liberté d’expression et permet d’attirer l’attention sur le message de l’urgence climatique », explique Me François Zind, un des deux avocats strasbourgeois.

Les décisions sont mises en délibéré au 3 décembre pour Strasbourg et 10 décembre pour Paris. « On sera juste cinq ans après la COP21. Les décisions de justice iront-elles dans le sens de ceux qui méprisent l’Accord de Paris, ou bien de celles et ceux qui, comme nous, cherchent à le faire respecter, pour préserver des conditions de vie dignes sur Terre ? », demande Cécile Marchand, une des Décrocheuses en procès et chargée de campagne aux Amis de la Terre.

La vague de procès liée aux actions de décrochages de portraits présidentiels n’est pas finie puisque d’autres procès auront lieu dans les prochains mois : le 10 novembre à Reims et à Montpellier, le 13 novembre à Valence, le 17 décembre à Agen.
Toutes les dates et autres informations sur le site : decrochons-macron.fr/les-proces

Les Décrocheur·ses en appel à Paris, 22 octobre 2020 – photo Baptiste Soubra

Les Décrocheur·ses en appel à Paris, 22 octobre 2020 – photo Baptiste Soubra

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