Photo : Basile Mesré-Barjon
Photo : Basile Mesré-Barjon

Procès des 5 activistes contre le T4 : rendez-vous le 7 octobre

  • 24/06/2021

Bobigny, le jeudi 24 juin 2021 – 5 militants d’Alternatiba Paris et du Collectif Non au T4 étaient convoqués ce midi au tribunal de Bobigny pour une action de désobéissance civile menée le 3 octobre 2020 sur les pistes de l’aéroport de Roissy [1] pour dénoncer le projet d’extension. Ils risquent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amendes pour entrave à la circulation d’un aéronef. Initialement prévu le 24 juin, le procès a finalement été reporté sur décision du tribunal le 7 octobre 2021, afin qu’il se déroule dans une salle plus grande au vu de son ampleur. 

 

Militants climat, riverains, associations environnementales, scientifiques, travailleurs et étudiants du secteur aérien se sont donné rendez-vous ce matin devant le tribunal de Bobigny pour apporter leur soutien à Audrey Boehly, porte-parole du collectif Non au T4, Gabriel Boutan, Côme Mazin, Camille Blot et Robin Cadeddu d’Alternatiba Paris. Malgré le report du procès, une centaine de personnes, dont Maxime Léonard (CGT Aéronautique et Pensons l’Aéronautique pour Demain), Xavier Capet (océanographe, contributeur au GIEC), Françoise Brochot (présidente du collectif de défense des riverains de Roissy ADVOCNAR), Nicolas Bourdeaud (étudiant aéronautique, signataire de la tribune des 700 étudiants), Jean-François Julliard (directeur général de Greenpeace France), étaient présentes pour échanger sur la nécessaire réduction du trafic aérien et la reconversion des salariés du secteur. Si le projet d’extension d’aéroport de Roissy initial a depuis l’action été abandonné, le gouvernement français et les décideurs des compagnies aériennes misent toujours sur un retour à la croissance du trafic aérien malgré l’urgence climatique. La faiblesse de la loi climat et résilience, discutée en parallèle au Sénat, en témoigne.

 

Un tribunal pour deux procès sur l’aviation

Le président de la 16ème chambre du tribunal a estimé que le procès initialement prévu ce jour était mal calibré et nécessitait une salle plus grande afin que « les gens qui s’intéressent à la cause puissent y assister ». Il se tiendra donc dans la salle des assises du tribunal de Bobigny le 7 octobre, un mois avant celui des militants de Greenpeace qui avaient repeint un avion en vert pour dénoncer le greenwashing du gouvernement sur l’aérien et dont le procès aura lieu le 4 novembre. Ces deux procès permettront de mettre en lumière le refus du gouvernement français de prendre les mesures nécessaires à la baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien, tout en anticipant la reconversion des salariés.

 

« Ce report n’entame pas notre détermination à faire entendre la légitimité de notre action. C’est insensé que des citoyens en arrivent à prendre de tels risques juridiques pour faire entendre raison au gouvernement quant à l’incompatibilité de la croissance du trafic aérien avec l’urgence climatique. » conclut Audrey Boehly, prévenue et porte-parole du collectif Non Au Terminal 4.

[1] Rappel des faits : le 3 octobre 2020 avait lieu la plus grande journée d’action pour l’arrêt des projets d’extension d’aéroport et la réduction du trafic aérien lancée par Alternatiba et Action Non-Violente COP21. A l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, 350 personnes s’étaient donné rendez-vous pour dénoncer le projet de construction du Terminal 4, véritable bombe climatique. Alors que 87 d’entre eux ont réussi à entrer sur le tarmac, 125 ont terminé en garde à vue. Seuls cinq d’entre eux ont été poursuivis.