La pluralité des modes d’action non-violents dans Alternatives Territoriales

marche climat Lyon

Lors des marches pour le climat à Lyon, les citoyen·ne·s se mobilisent aussi pour dénoncer la pollution de l’air de la ville.

Alternatives territoriales est une campagne portée par Alternatiba, ANV-COP21 et le Réseau Action Climat qui propose aux citoyen·ne·s de se mobiliser auprès de leurs élu·e·s pour obtenir des mesures climatiques ambitieuses au niveau local. Centrée autour du plaidoyer, la campagne propose un vaste panel d’outils de mobilisation et d’action non-violents pour que les groupes locaux puissent adapter leur stratégie à leur territoire. 

La naissance d’Alternatives Territoriales : comment permettre le réel changement d’échelle des alternatives ?

Depuis sa naissance, le coeur de la dynamique Alternatiba est de massifier les alternatives permettant de lutter contre le dérèglement climatique en construisant un mouvement de masse citoyen. Les objectifs sont clairs : d’une part sensibiliser de nouveaux publics à l’urgence climatique, d’autre part  impulser des changements de comportements individuels et la création de projets collectifs pour le climat.

Alors que la fenêtre de tir pour maintenir le dérèglement climatique en dessous de la barre des 1,5°C de réchauffement se referme, il est urgent que les alternatives soient mises en oeuvre à l’échelle de nos territoires et deviennent la norme.

Par exemple, nous pouvons faire des efforts dans nos choix de consommations à l’échelle individuelle, mais le réel levier pour le changement de système est d’avoir toute une cantine qui s’approvisionne en aliments biologiques, locaux et de saison.

Parfois, nos efforts individuels peuvent même se retrouver bloqués si la politique de nos villes et nos villages ne suit pas. Ainsi, beaucoup de personnes restent par exemple encore dépendantes de leur voitures par manque d’alternatives car les réseaux de transports en commun ne sont pas suffisamment développés. De plus, les alternatives, tant qu’elles restent marginales, se révèlent généralement couteuses et inaccessibles aux classes populaires : avoir le choix de consommer des produits issus de l’agriculture biologique ou d’entreprendre la rénovation énergétique de son logement est encore un privilège. La mise en place de ces solutions à grande échelle permet d’en faire baisser le prix : économies d’échelle, subventions publiques, etc.

Pour travailler aux côtés des élu·e·s et donc influencer leurs décisions et leur mise en oeuvre, la campagne Alternatives Territoriales a pris autant de formes et de chemins qu’il y a de groupes locaux. Initialement centrée en 2017 sur le Plan Climat Air Energie (PCAET), qui était un levier pour influer sur les politiques locales pour le climat, la campagne s’est élargie et les groupes locaux s’impliquent désormais dans des luttes locales contre des grands projets pourris, ou se mobilisent dans le cadre d’élections. L’objectif reste le même, sensibiliser les élu·e·s au climat et leur soumettre des propositions concrètes et réalisables pour métamorphoser le territoire.

Le 17 avril dernier, Rebecca porte-parole d’Alternatiba expliquait l’importance de la désobéissance civile dans Alternatives Territoriales au CLER – Réseau pour la Transition Energétique 

Mettre la mobilisation au service d’un travail de plaidoyer local

Alternatiba et Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) forment un mouvement strictement non-violent qui utilise un large panel d’outils de mobilisation d’action non-violent : de la désobéissance civile aux marches, en passant par le plaidoyer et les actions symboliques.  Afin d’influencer les élu·e·s et exiger d’eux des mesures ambitieuses, les groupes porteurs de la campagne Alternatives Territoriales apprennent à s’appuyer sur différents outils pour agir de manière complémentaires :

  • le travail de sensibilisation auprès des élu·e·s – c’est-à-dire du plaidoyer,
  • leur capacité de mobilisation des citoyens et citoyennes,
  • les alliances avec d’autres organisations locales pour créer un rapport de force et faire entendre leurs revendications.

A l’image du travail mené avec succès par l’association Bizi! en 2014 au Pays Basque, les groupes locaux commencent par établir leurs propositions et leurs revendications, en concertation avec les acteur·trice·s ancré·e·s sur le territoire (associations, collectifs etc.) : ils définissent pour l’élu·e ou le candidat·e des engagements ambitieux pour le climat, comme le développement systématique des alternatives sur le territoire ou encore l’abandon d’un projet local qui serait en contradiction totale avec une trajectoire de +1,5°C de réchauffement. Afin de permettre la prise en compte de leurs propositions, les groupes locaux jonglent ensuite entre le plaidoyer, c’est-à-dire des rencontres avec les élu·e·s pour les convaincre de leur position, et les actions non-violentes pour attirer à la fois l’opinion publique et les médias pour rendre visible leur cause. Une victoire consiste en la prise en compte de ces propositions, mais la campagne ne s’arrête pourtant pas là : il faut ensuite s’assurer de la bonne mise en oeuvre de ces propositions. Dans le cas de Bizi! en 2014, une fois les élections passées, les groupes locaux devaient maintenir la pression pour veiller à ce que les engagements soient respectés et que de nouvelles mesures soient prises.

La campagne Alternatives Territoriales ajoute ainsi une nouvelle pièce dans le panel d’outils du mouvement Alternatiba et Action Non-Violente COP21 en visant directement les responsables politiques au niveau des territoires. La campagne permet par ailleurs de donner une dimension plus concrète et politique aux mobilisations de masse comme les marches pour le climat en les transformant en un outil puissant pour appuyer le travail de plaidoyer local.

Cette diversité dans les possibilités d’engagement permet d’ouvrir le mouvement davantage à des personnes avec des compétences et des envies d’engagement différentes et participe de cette manière à la création d’un mouvement climat de masse.

 

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