Des militants écologistes non-violents comparaissent pour avoir décroché les portraits du président de la République dans les mairies. Personnage portant un masque à gaz dans une ville démoli, devant un portrait d'Emmanuelle Macron accroché sur un bout de mur : "Y'a pas à dire ! A l'époque... On savait hiérarchiser les problèmes !"

Dénoncer le bla-bla présidentiel conduit 80 personnes au tribunal !

Mardi 1er septembre 2020 – La répression des activistes non-violents se poursuit allègrement dans les palais de justice : au moins 16 procès pour décrochage de portrait présidentiel sont à venir, à commencer par Nantes ce jeudi 3 septembre et Lyon le 21 septembre. 

Alors que les voyants climatiques sont au rouge, le président Macron et son gouvernement remanié passent à côté de l’enjeu. Leur manque d’ambition écologique, malgré de beaux discours, est toujours dans le viseur du mouvement climat. Action Non-Violente COP21 prépare les prochaines mobilisations, dont une marche sur les aéroports le 3 octobre.

Des militants écologistes non-violents comparaissent pour avoir décroché les portraits du président de la République dans les mairies. Personnage portant un masque à gaz dans une ville démoli, devant un portrait d'Emmanuelle Macron accroché sur un bout de mur : "Y'a pas à dire ! A l'époque... On savait hiérarchiser les problèmes !"

Dessin d’Allan Barte

 

L’été 2020 a été marqué par de nouvelles catastrophes dues au dérèglement climatique : épisode caniculaire en France avec des records de chaleur (41,9 °C à Saint-Jean-de-Luz) ; multiplication des incendies en Amazonie, en Sibérie, en Europe ; fonte irréversible de banquise en Arctique, évacuation d’habitants suite à la fonte de glaciers du Mont Blanc… 

Les voyants sont au rouge pour le climat, et face à cela, les signaux envoyés par le gouvernement français sont toujours plus inquiétants. « Le remaniement de juillet montre au mieux un mépris, au pire une offensive contre les enjeux écologiques et sociaux. Nous devons réduire drastiquement nos émissions, ce qui demande une transformation radicale de notre société. Cette métamorphose peut et doit apporter une amélioration de notre qualité de vie, surtout pour les catégories de la population les plus pauvres et les plus exposées aux effets du dérèglement climatique. Or ce n’est pas du tout la trajectoire prise par la France. », observe Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP21. 

L’alerte lancée par les Décrocheurs et Décrocheuses de portraits présidentiels dans les mairies est donc toujours d’actualité. Les rapports du Haut Conseil pour le climat épinglent systématiquement l’inaction de la France face à l’urgence climatique, confirmant le message des activistes. 

Pourtant, pour avoir dénoncé avec non-violence et détermination ce que les experts confirment, 126 personnes ont été placées en garde à vue, et 80 sont poursuivies en justice. Déjà 16 procès sont passés depuis mai 2019, et 16 autres – au moins ! – restent à venir. 

 

De Nantes à Valence, de Reims à Agen : 32 procès au total

Le prochain procès aura lieu ce jeudi 3 septembre à 14 h au tribunal de Nantes. Il concerne Laurine Guyard, Gaëtan Jaguelin et Véronique Guyard, qui pour leur toute première action de désobéissance civile ont subi garde à vue, perquisition du domicile au petit matin par des gendarmes démesurément armés, prélèvement ADN.

Le suivant se tiendra à Lyon le 21 septembre. Charles de Lacombe devra répondre de “détournement de bien contenu dans un dépôt public”. Il risque 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende, encore plus que le vol en réunion.

Le 13 octobre, 5 activistes seront en procès à Auch, et 2 autres à Strasbourg le 22 octobre. Ce même 22 octobre s’ouvrira le procès en appel à Paris pour 7 Décrocheurs et Décrocheuses, condamnés en première instance à la plus lourde peine des procès pour décrochage : des amendes fermes de 500 euros chacun.

Plusieurs autres groupes sont convoqués pour leur premier procès, d’ici à la fin de l’année : Reims et Montpellier le 10 novembre, Valence le 13 novembre, Agen le 17 décembre.

Toutes ces dates sont autant d’occasions de renverser l’accusation, et de faire le procès de l’inaction climatique et sociale du président Emmanuel Macron.

 

Marches sur les aéroports pour la réduction du trafic aérien

« En multipliant les procès dans tous les territoires, le gouvernement espère peut-être nous décourager et détourner l’attention de son inaction sociale et écologique. Mais notre détermination est intacte, et nous ne laisserons pas passer la moindre décision climaticide. », indique Franzeska Bindé, porte-parole d’Action Non-Violente COP21. 

Le mouvement dénonce notamment les aides inconditionnelles à la relance du trafic aérien, alors qu’il faut le réduire pour limiter le dérèglement climatique. Un appel a été lancé avec Alternatiba pour marcher sur les aéroports le 3 octobre.

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