Alternatives Territoriales en 2020

Alternatives Territoriales en 2020

La campagne Alternatives Territoriales d’Alternatiba, ANV-COP21 et du Réseau Action Climat s’est bien renforcée depuis sa naissance en 2017 ! En 2020, 49 groupes locaux ont multiplié plaidoyers et mobilisations citoyennes pour interpeller leurs élu·es locaux·ales afin d’appuyer la mise en place d’alternatives justes et durables sur nos territoires. Petit retour en mots et en images…

Alternatives Territoriales, comment ça marche ?

La campagne Alternatives Territoriales est née en 2017 de la volonté de pousser les élu·es locaux·ales à mettre en oeuvre des politiques climatiques locales ambitieuses afin de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C. En effet, aujourd’hui 50% des émissions de gaz à effet de serre sont directement issues des décisions prises par les collectivités territoriales, concernant leur patrimoine (bâtiment, éclairage public…), leurs compétences (transports, déchets, distribution d’énergie et de chaleur…) et via les effets indirects de leurs orientations en matière d’habitat, d’aménagement, d’urbanisme et d’organisation des transports. « À l’échelle du territoire, les émissions indirectes peuvent représenter jusqu’à 75 % du poids total des émissions de GES » insiste l’Ademe dans son rapport Bonnes pratiques des territoires en faveur du climat. Il y a un véritable enjeu à engager avec force les territoires dans la mise en place de politiques publiques qui puissent répondre à la crise climatique. En conséquence, le projet Alternatives Territoriales est porté par la détermination de centaines de citoyen·nes sur tous les territoires pour renforcer la justice sociale, assurer la protection de l’environnement et préparer un avenir viable et solidaire dans leurs villes et leurs villages.

Les groupes locaux rendent audibles leurs revendications pour des alternatives grâce aux nombreux partenariats sur leur territoire avec d’autres associations comme Attac, Greenpeace, le Pacte pour la Transition, Nous voulons des coquelicots, Zero Waste France et  bien d’autres encore. En parallèle, plus d’un millier de citoyen·nes du réseau ont pu profiter de près d’une centaine d’heures de formations notamment pendant les week-ends de travail entre groupes locaux et pendant le Camp Climat 2019. Les groupes ont ainsi pu monter en compétence sur leur compréhension des politiques locales et sur le décryptage des programmes politiques. Ils ont pu améliorer leur capacité à concevoir des actions de désobéissance civile non violentes, à mobiliser, à communiquer ou encore à structurer des coalitions locales.

En 2020, les candidat·es aux élections municipales dans le viseur d’Alternatives Territoriales

Après un important travail de plaidoyer pour la mise en place de Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) ambitieux dans leur intercommunalité entre 2018 et 2019, les groupes locaux se sont tournés vers un nouvel objectif : les élections municipales de 2020.

Le kit des municipales de la campagne Alternatives Territoriales a permis à chacun·e de s’investir pour mettre le climat au cœur de l’agenda politique et médiatique des élections. Il a donné des outils critiques aux citoyen·nes pour exiger une transition radicale et immédiate de nos territoires. L’objectif : pousser les candidat·es à revoir à la hausse leurs programmes en matière de climat. La séquence s’est notamment construite autour du Pacte pour la Transition, rédigé par plus de 50 organisations, amendé et approuvé par des citoyen·nes, des expert·es scientifiques et élu·es locaux·ales.

Les groupes Alternatives Territoriales ont ainsi participé à l’obtention des signatures des candidat·es de leur commune s’engageant sur un Pacte créé par leur soin ou sur le Pacte pour la Transition, contribuant à l’engagement de plus de 900 listes candidates sur l’ensemble du territoire français en faveur de la transition.

Enfin, pour renforcer la pression sur les candidat·es et assurer que nos revendications soient audibles et visibles, des journées d’actions de désobéissance civile ont été organisées mensuellement entre décembre 2019 et mars 2020. Les candidat·es ont été interpellé·es pour mettre en place une agriculture et une alimentation saines et durables, pour organiser des transports moins polluants et accessibles, ainsi que pour réduire la place de la publicité dans l’espace public. A l’aube du second tour des élections en juin 2020 après le confinement, les groupes se sont de nouveau mobilisés pour rappeler aux citoyen·nes et aux candidat·es l’importance de penser le climat dans la construction de nos communes pour assurer leur résilience face aux crises. De nombreuses interpellations via Twitter et des actions symboliques devant des lieux emblématiques des communes ont permis de faire passer un message fort : il faut construire le monde d’après, et les élections municipales de 2020 nous mettent face à un mandat décisif pour répondre à la crise climatique sur les territoires.

Au total, 73 actions de désobéissance civiles ont été réalisées sur 33 territoires français.

Avec des centaines de réactions et de partage sur les réseaux sociaux et 94 articles dans la presse locale et nationale, les mobilisations des groupes ont permis de visibiliser ces enjeux climatiques auprès du grand public mais aussi auprès de leurs candidat·es. Pour ne citer que quelques exemples, suite à l’action ciblant l’agriculture et l’alimentation, le groupe de Rennes a obtenu des rendez-vous individuels avec les candidat·es de trois listes de leur ville ; suite à l’action sur les transports et la mobilité, une candidate parisienne a cessé de faire la sourde oreille aux sollicitations du groupe pour leur accorder un entretien et le groupe de Marseille a vu presque tou·tes ses candidat·es présent·es à sa mobilisation, lui offrant l’opportunité de lancer avec force son Pacte pour la transition la semaine suivante.

De nombreux·ses candidat·es, interpellé·es sur Twitter, ont dû affirmer publiquement leur ambitions pour le climat. Grâce à la solidité des campagnes de plaidoyer et la force des actions, les groupes locaux ont pu faire pression sur leurs candidat·es pour les forcer à s’exprimer sur leurs engagements pour le climat et se sont positionnés comme des interlocuteurs influents et déterminés de la société civile.

Ainsi, le groupe de Lyon a monté une campagne complète et structurée autour d’une coalition locale, alliant mobilisations et plaidoyer contre le projet de l’Anneau des Science (une infrastructure routière pour boucler le périphérique lyonnais) : cela a conduit à l’abandon du projet par la quasi-totalité des candidat·es aux élections municipales et à un report dans le temps nébuleux par son plus fervent défenseur Gérard Collomb.

Afin de faire connaître les mesures et revendications de la campagne, le Réseau Action Climat a publié chaque mois un article de fonds, revenant sur les enjeux et les modalités de mise en œuvre de ces mesures sur les territoires : vous pouvez ainsi lire l’article dédié aux questions d’agriculture et d’alimentation, l’article sur les transports et la mobilité et encore l’article sur la publicité.

Et pour la suite ?

Aujourd’hui, les citoyen·nes ont désigné de nouveaux et nouvelles élu·es pour leurs communes. La responsabilité de ces élu·es locaux·ales est de donner une réponse pertinente et durable aux enjeux environnementaux, climatiques et de justice sociale de leur territoire. Par ailleurs, le mandat municipal de la période 2020-2026 sera décisif pour permettre d’aligner la France sur une trajectoire compatible avec la barre des +1,5°C de réchauffement climatique. La campagne Alternatives Territoriales se prépare donc à faire un suivi vigilant des engagements des élu·es afin de s’assurer que les promesses de campagnes soient traduites en actes et que les ambitions soient rehaussées pour faire face à l’urgence climatique.

En 2021, les élections départementales et régionales seront également l’occasion de rappeler l’importance de penser une politique publique locale en cohérence avec les besoins des territoires pour s’inscrire dans la lutte contre le dérèglement climatique.La crise du coronavirus a mis en lumière les dysfonctionnements d’un système qui est à l’origine de crises et d’inégalités qu’il peine à résoudre. Mais elle a aussi montré la force qu’ont nos territoires à prendre des initiatives solidaires et durables : les alternatives concrètes sont à portée de main pour des territoires résilients, comme nous le montrons dans notre article Repenser notre résilience face aux crises : un enjeu local.
Aujourd’hui, ne lâchons rien et mobilisons-nous de toutes nos forces citoyennes pour pousser nos élu·es à la mise en place d’alternatives territoriales.

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🎞 Regarde la conférence “Territoires, crises et résilience” (8 mai 2020)

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