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BNP Paribas, le pas en arrière qui fait avancer les choses

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Ce mois d’octobre signe une victoire importante pour le mouvement climat, et les militants d’ANV-COP21, Alternatiba et Les Amis de la Terre y sont pour quelquechose. A travers divers communiqués de presse, la banque BNP Paribas, jusque-là largement ciblée en tant que contributrice aux financements des développements d’énergies fossiles non conventionnelles (sables bitumineux, gaz de schiste, forages en Arctique), vient d’annoncer son recul et s’engage à ne plus apporter son soutien financier à ces projets ou, dans une certaine mesure, aux entreprises qui les portent.

Après quelques années de pression, d’opérations « coup de poing » et de sensibilisation du grand public, les militants climat peuvent aujourd’hui se réjouir : leur travail, entre autre, vient de voir éclore certains de ses fruits. En effet, ce 11 octobre, la banque BNP Paribas jusque-là motrice dans le financement de projets engageant les énergies fossiles non conventionnelles a annoncé son recul. Si la méfiance reste de mise en attendant la réalisation de cette nouvelle politique, il n’en demeure pas moins que les mesures annoncées sont tout à fait réjouissantes ! Non seulement la BNP Paribas s’engage à ne plus financer de nouveaux projets d’exploration, production, transport ou exportation de gaz de schiste, sables bitumineux ou forage en Arctique, mais elle ne soutiendra plus non plus les entreprises qui y impliquées pour plus de 30% de leurs activités. Concrètement, cela signifie que la banque ne fournira plus ni finances ni services à des projets tels que Keystone XL, TransCanada, Line 3 ou Enbridge. Elle ne s’impliquera pas non plus dans tout autre projet de pipeline de sables bitumineux ou de terminaux d’exportation à venir Outre-Atlantique.

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Des entreprises comme Texas LNG, par exemple, ne pourront plus compter sur l’aide financière de BNP Paribas, tout comme les gazoducs Outre-Atlantique puisque plus de 60% de leur production provient de la fracturation hydraulique.

Si ces engagements sont bel et bien tenus et même si des zones d’ombre persistent, c’est une véritable victoire pour les militants climat mais aussi pour les populations locales engagées contre ce type de projets écologiquement et socialement catastrophiques. Rappelons la forte mobilisation internationale qui s’était mise en place autour des populations amérindiennes qui tiraient alors la sonnette d’alarme sur les expropriations dont elles étaient victimes, le massacre qu’allaient subir leurs terres et les conséquences écologiques qui allaient en découler, tout cela en faveur de pipelines de sables bitumineux ou de terminaux d’exportation de gaz liquéfiés.

Si on peut estimer la bataille contre BNP Paribas gagnée (partiellement en tout cas), la guerre n’en est pas pour autant remportée. De nombreuses banques françaises (Crédit Agricole, Société Générale et Natixis) et internationales demeurent de grands soutiens pour ces entreprises et leurs projets. Il n’est plus qu’à espérer que ce premier pas fait par BNP Paribas soit considéré comme précurseur et soit rapidement suivi de nombreux autres. En attendant, il convient aux citoyens de garder l’oeil ouvert et de continuer de ne rien lâcher.

Lucie Pinson, en charge des questions liées aux banques aux Amis de la Terre France parle de tout cela sur le VLOG des gens qui se bougent de Vincent Verzat.

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